Des Petits Riens Qui Disent Tant...

Au fil des jours, dans le plein d'un quotidien affable, écouter pour y trouver des pépites de vie, pour y entendre une Présence...

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La vie comme elle vient...

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vendredi 12 juillet 2013

Backline...

 

Rentrer d’un camp catho pour et avec des jeunes, c’est prendre le risque d’un atterrissage mouvementé.
Ça remue, ça secoue, ça bouscule, les questions fusent, dérangent, chatouillent.
Aux parents qui s’étonnent des mines fatiguées mais souriantes, je ne sais pas quoi dire.
Aux jeunes qui n’ont pas osé venir mais qui le regrettent déjà, non plus.
Il s’y joue comme une alchimie impossible indescriptible. Venus d’un diocèse plus long que large, le tissage se fait si vite que les liens s’entre-mêlent, immensément denses.
Je reste persuadée qu’il s’y vit autre chose, de plus grand, de plus beau, et qu'on ne maitrise heureusement pas, comme si Dieu y mettait ce qu’il faut de sa douceur pour que chacun trouve sa place.

Et à la nuit tombée, les regards s’éloignent, voilés, les mots deviennent silencieux, pour mieux s’envoler vers Celui qui nous rassemble…






mercredi 26 juin 2013

Le temps de rien. Le temps de trop...



Voilà. Fin d’année. Le temps de rien ou le temps de trop.

Ce soir-là, il y avait de la musique, autant de lumières que d’étoiles accrochées dans ce premier soir d’été, une presque pleine lune lumineuse.

Ce soir-là, j’ai croisé plus de regards inondés d’alcool que de museaux d’enfants barbouillés de barbe à papa.

Depuis une semaine, ses yeux perdus me poursuivent. Pas plus haut que mon fils de 11 ans, accroché à la barrière pour ne pas tomber, je l’ai écouté. Trois minettes volaient autour comme autant d’abeilles autour d’une ruche. A pavoiser pour mieux s’agripper. Chacun me vantait son âge, celui qu’ils auraient tous aimé avoir pour paraitre plus crédibles. Ils n’avaient pas plus de 13 ans. 14 au mieux.
Je leur ai parlé de la lumière du soir qu’”ils ne voyaient plus.
Je leur ai parlé de la musique qu’ils n’entendaient plus.

J’ai repris mon appareil photo.
La nuit est tombée sur la ville, un peu plus lourde…




Fête de la musique



dimanche 26 mai 2013

A jouer avec le temps...



 

Ce sont juste des jours ordinaires.
Plusieurs.
Les uns accrochés aux autres.
Tellement ordinaires dans leur quotidien.
Enchainés, l’œil sur la montre, le regard sur l’agenda.
Enfilés, comme les perles d’un vieux collier prêt à céder.
Pour ne rien oublier.
Pour tout faire en temps et en heure.
Trop vite.
Comme si le sablier cherchait à accélérer sa course vers l’autre côté.
Dans un état proche de l’apesanteur.
A force de baisser la tête, l’horizon devient plus rugueux.
Et le Ciel trop bas.

Si seulement j’avais su y inviter Dieu, histoire d’être capable d’élever mon regard…







dimanche 5 mai 2013

Du téléphone, d'une porte, d'un souffle...


 

La visibilité de l’Église, ce n’est pas que les pierres posées là depuis des siècles au milieu des villes ou des villages. C’est aussi la porte du presbytère, suffisamment grande ouverte, ou le sourire des gens en sortant de la messe, ou la joie éclatante des jeunes au retour d’un camp.

Pour celui qui n’ose pas franchir la porte, il reste les pages blanches (ou jaunes) des annuaires, ou internet pour les plus téméraires. Sauf que…

Encore faut-il connaitre le nom de la paroisse, ou savoir identifier le mot P.R.E.S.B.Y.T.E.R.E ou… que sais-je encore…
Sans que je comprenne vraiment pourquoi, beaucoup d’appels arrivent sur le répondeur de l’Aumônerie, transféré directement sur mon téléphone portable.

Timidement, certains veulent des renseignements pour le baptême de leur enfant, d’autres veulent se marier, si possible samedi prochain et j’en passe.
Hier matin, trop tôt, c’est une voix tremblante qui m’a réveillée. Une voix timide, presque inquiète.
Comme si elle avait préparé sa demande, répété les mots à l’infini, elle disait vouloir se confesser. Comme une urgence, presque vitale.
Je ne sais pas qui elle était, je ne sais pas ce qu’elle espérait, je ne sais pas ce qu’elle attendait, je ne sais pas en quoi Dieu pouvait l’aider. Je ne sais pas si j’aurais eu son courage. Ou si, je devine…
Je lui ai donné le numéro de téléphone du presbytère, elle a murmuré un merci. Elle a raccroché.
Sa demande, sa volonté de ‘parler' à Dieu, le ton de sa voix a bousculé toute ma journée…


Dis, Dieu, tout là-haut, Tu vas prendre soin d’elle et faire qu’elle ose pousser d’autres portes ?
Promis ?

 




lundi 22 avril 2013

Être, à l'infinitif...


Décider de ne rien faire, juste une heure.
Tracer des lignes invisibles dans le ciel.
Compter les nuages, jusqu’à l’infini.
Ouvrir un livre. Lire une page. La relire encore. Refermer le livre.
Rêver. Tisser ce fil imaginaire qui pourrait nous relier.
Écouter la piste n°3 de ce disque. Uniquement celle-là.
Attendre un mot. Un seul.
Observer les avions. Inventer l’histoire des passagers. Sourire.
L’écouter jouer du piano. Fermer les yeux.
Croiser un regard. Avoir l’impression que le temps s’arrête.
Mesurer l’arbre planté le jour de sa naissance. Déjà.
Retrouver une vieille photo. Un peu passée.
Sortir la bassine à confiture. Peser les fruits. Faire des paris sur le nombre de pots. A un près. Gagner.
Se lever, tôt, marcher dans la maison endormie. Savoir qu’ils dorment.
Décider d’être aimable avec la vieille dame acariâtre. Juste aujourd’hui. Parce que.
S”assoir dans l’herbe. Respirer.
Trouver le cadeau. Exactement celui qu'il fallait. Lui donner, avant l'heure.
Éteindre toutes les lumières. Allumer toutes les bougies.
Prendre la voiture. Rouler. Jusqu’au bout du monde.
Ne pas fermer les volets. Et regarder la nuit étourdir le monde.
Remettre ce vieux pull, râpé aux manches. Se souvenir. De cet été-là.
Se cacher derrière l’appareil photo pour encore les regarder.
Oser leur dire que je les aime.
...

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vendredi 5 avril 2013

Peu importe le vent...

 

Peu importe le sens du temps,
C’est de joie dont il s’agit.
Dans la rencontre, dans le regard. 
Dans les rouages compliqués des relations et dans les réunions sans fin.
Dans le silence ému d’un instant et dans l’enthousiasme bruyant d’un temps fort..
Dans un visage fatigué et dans le sourire d’un plus jeune.

De cette joie simple, que l’on voudrait si évidente…
Donnons-lui un sens.
Qu’elle devienne bruyante.

 

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jeudi 21 mars 2013

Qu'ont-ils fait de ton enfance ?





J’ai regardé ton visage quand tu as accroché ton regard sur la croix. Elle était posée, là, contre le mur, éclairée à la lueur de quelques bougies. Tu es restée à genoux, comme figée.
Rien ne laissait croire que cette colère sourdait, à ce moment précis, dans tes veines comme autant de grondements bruyants d’un fleuve tourmenté.
Ta vie. Ton histoire. Courte vie. Si pleine déjà.

Tu sais déjà que demain ne sera pas plus facile. La rancœur a remplacé ce qu’il existait d’amour. La haine a broyé ton enfance. Il va pourtant te falloir grandir, encore. Et apprendre à sourire.
Je ne sais pas (ce) qui va te pousser en avant. Eux, aujourd’hui ne le peuvent pas. 

Devant Lui, tu t’es arrêtée.
Devant Lui, tu semblais posée, apaisée.
Je ne sais pas les mots que tu as criés en silence.
Les miens rejoindront désormais les tiens pour que Dieu illumine chaque jour ce qu’il te reste de choix à poser. Et de joie à être.


(Comme il est difficile de comprendre comment des adultes, parents, peuvent à ce point détruire ce qu’il y a d’enfance dans leur enfant, à quel point la haine et la bêtise peuvent anéantir tout ce qu’il y a d’élans…)




mardi 12 mars 2013

Dans le blanc des yeux et bien plus encore...

Même à quelques encablures du printemps, il faut se résoudre à se laisser surprendre.
On aura beau vouloir tout maitriser encore et toujours plus, le ciel restera maitre du temps.
Le blanc, dehors, a vidé l’agenda, dedans.
Et tout s’est arrêté.
L’alerte rouge a laissé des reflets rosés sur les joues des enfants, constructeurs d’igloos.
Les bourgeons roses ont brusquement pâli. Le jaune des jonquilles s’est tout d’un coup évanoui.
Les cheminées s”époumonent à réchauffer plus loin que les âtres.
Le monde se dessine en couleurs, Changeantes au fil du Vent.
L’Eglise aussi.




samedi 9 mars 2013

Et d'ailleurs, revenir...



 

 

 

 

 

 

 

Les instants de pause se savourent…
En silence…




mercredi 23 janvier 2013

Madame N, lundi, 9h45...




On l’appellera madame N* pour les besoins de l’histoire ! Elle vient, tous les deux mois, pour le renouvellement de ses médicaments.
Son nom sur l’agenda préfigure à chaque fois un moment hors du temps.
Elle n’a rien. Ni mari, ni enfants, ni voiture, même pas un chien, et encore moins de sous. Elle n’a rien qui puisse l’encombrer. Juste un sourire hors du commun, encore plus contagieux que sa voix qu’on entend de trop loin.
Son histoire n’en est pas une. Mais sa vie en est remplie.
Elle réveille celui qui attend, d’un bonjour massif. Pour mieux se taire ensuite.
Rien ne la mettra en colère, parce que la colère, ça abime.
Rien ne l’offusquera, parce que ça ne fait pas avancer les choses.
Ne lui parlez jamais de Dieu, Il l’a oubliée.
Elle écoute, n’intervient que si on la sollicite. Et ses mots restent en vol, tellement elle parle juste. Nul n’a jamais osé surenchérir.
Elle ne sait pas que je l’attend. Elle ne sait pas que je l’écoute.
Je ne sais pas qui elle est, ni d’où elle vient. Je ne le saurai jamais. 
Je savoure juste sa sagesse tant qu’il est encore temps…


Je ne sais même pas si elle a vu la mer...




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