Des Petits Riens Qui Disent Tant...

Au fil des jours, dans le plein d'un quotidien affable, écouter pour y trouver des pépites de vie, pour y entendre une Présence...

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Lis, lisons, lisez...

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mercredi 28 mars 2012

Mes, tes, ses, nos, vos, leurs petits riens...


 

Les curieux qui sont allés visiter les premières pages de ce blog auront vite compris la genèse du lieu. Et du titre.
Ces petits riens ne sont pas les miens, ils sont ceux que chacun croise dans le quotidien de sa vie.
On les voit si on les regarde. On les entend si on les écoute. Ils restent souvent invisibles à qui n’y prête attention.
A bien y regarder, ils en disent même bien souvent plus sur ce que nous sommes qu’ils ne le voudraient.
Alors, au hasard des étals des librairies, au hasard des émissions de radios, certains prêtent l’oreille, jettent un œil et relient l’évidence à mes petits riens !


Ce fut d’abord David, qui m’envoya il y a quelques jours un lien assorti d’un ‘tiens, écoute’.

J’ai écouté.





Puis Corinne, qui m’offrit récemment un petit paquet cadeau avec un ‘tiens, lis’.

J’ai lu. 


J’ai aimé.

De ses petites méditations en instantané, Françoise Héritier se dévoile en images ou en émotions, en souvenirs ou en envies. On peut s’approprier ces petits riens, ces petites choses, parce qu’ils sont aussi les nôtres…L’auteur parle de flânerie, de courtes phrases, de poésie…sans tiédeur, sans excès.

Courir pieds nus dans les champs tout juste glanés. Relire une page, une seule, d’un livre de Makine. Allumer une bougie pour éclairer de biais la sculpture de terre. Marcher vite. Retrouver une odeur d’enfance en ouvrant la porte d’une vieille armoire. Écouter sans limite et à l’envi Alan Parsons Project. Descendre une piste de ski en n’écoutant que le bruit de la neige sur les carres. Retrouver une vieille partition de piano et jouer encore avec les mêmes sensations. S’assoir juste pour regarder le soleil disparaitre. Avoir envie de d’appeler, et préférer attendre que le téléphone sonne. Savourer une tablette de chocolat au lait, carré par carré, en sachant qu’on ne s’arrêtera qu’une fois le paquet terminé. Dormir dans un sac de couchage et sentir le vent qui cogne sur les parois de la tente. Se lever tôt, pour être la première à entendre le jour se lever. Craquer une allumette.Goûter en cachette un plat qui mijote. Sentir l'odeur du linge séché au soleil. Dans le reflet d'une fenêtre, apercevoir la lumière décomposée. Attendre le baiser du matin. Manger la première fraise de la saison et faire un vœu...




vendredi 25 mars 2011

L'ondoiement des mots...



Des livres traversent mes soirées…
Des pages, des pages et des pages… Et il parait que je ne l’écris pas assez !
Je veux gouter ces mots que d’autres écrivent. Je veux ouvrir un livre et me laisser envahir par les mots choisis par les autres.
Et récemment, j’ai aimé Makine.
Dévoré ses pages, traversé ses paysages, écouté ses personnages.
Les mots de Makine dansent, enchantent, emportent. Autant que son pays enferme, affronte, dénigre.
L’histoire de Dmitri Reiss  ou une vie en huit tableaux. Huit rencontres. Huit femmes.  Presque huit éternités.
Parce qu’au terme de ces années vécues, que restera-t’il ? le meilleur ou le pire ?

Ou juste l’essentiel ?



18,50€ éditions du Seuil 

 

 

 

 

 

Le Livre des brèves amours éternelles. Andreï Makine




mardi 1 février 2011

Sur le dessus de la pile...



Je ne sais pas vous, mais quand on me conseille un bouquin, j’ai tendance à me précipiter…Parce que le conseiller sait pertinemment à qui il s’adresse, parce qu’en proposant ce titre et pas un autre, à cet instant et pas à un autre, il sait pertinemment que vous devez tourner ces pages, maintenant.
Il a détecté dans votre bibliothèque, dans vos doutes et vos questions, dans les mots partagés en quoi les mots d’un autre peuvent vous toucher pile là où il faut l’être.
Je suis donc en pleine plongée dans un ouvrage pas vraiment tout neuf, qui ne fait en aucune mesure la moindre concurrence aux devantures des librairies, ni celles du coin, ni celles de la Ville…
L’apnée en cours m’a poussée à abandonner lâchement la pile de livres en attente ; les pages doivent être lues, dévorées, digérées, je veux savoir où elles me mèneront, un peu plus loin sans doute, peut-être un peu moins bas…

Eucharistie. Le repas et la parole. Ed du Cerf.15 €

Ce sont donc les mots de Ghislain Lafont qui m’entrainent dans une relecture de l’Eucharistie comme jamais je ne l’aurais imaginé… Tout y est décrit, comparé, expliqué avec subtilité et justesse, tout de la parole, des mots, du repas partagé au repas célébré, du liturgique au sacré, de l’indicible à l’évidence, de la vie à l’éternité.
J’y retourne !





mercredi 1 décembre 2010

En pile, en face...

François Varillon, Joie de croire, Joie de Vivre.

Quelques fleurs pour donner à l’endroit une réminiscence d’un dimanche de fête.
Un gros bouquin, comme une énorme bibliothèque, un livre en Majuscule, des pages usées, tournées, feuilletées au fil d’une vie de bruits, de mouvements, d’attente, et d’espérance.
Un marque-page comme s’il ne fallait se souvenir que d’une phrase, un verset.
Des mots qui auraient choisi de se dire, précisément, dans l’instant d’un aujourd’hui, autrement qu’hier, différemment de demain.
Un dossier barbouillé de traces de rencontres, de partages, d’accords de guitare et de prières.
Un livre, un auteur, qui nous pousse à chercher dans l’ombre de nos paresses, dans l’éclat de nos vies, cette Joie de croire, cette Joie de vivre

Ou comment apprendre à se reconnaitre libres et heureux devant Dieu…

mardi 1 juin 2010

Lettre à un père...

Il y a des lectures qui marquent, qui chatouillent l’âme autant que l’épiderme, qui émeuvent tellement qu’il faut les relire, encore, et encore. Et encore, une autre fois, la première vague un peu éloignée.
Il y a LA bd, Le film de l’année.
Et il y a LE livre de l’année.
achetez ce bouquin, offrez ce bouquin, lisez et faites lire...Et c’est à ce petit bouquin que je me dois d’attribuer la première place. Choix personnel bien sûr, lecture partagée et histoire en trame d’une vie. Celle d’un père comme rarement on sait en parler.
Je ne connais celui qui a déposé ses mots sur le papier que par les quelques lignes offertes au dos de couverture. Mais après tout, qu’importe. La lecture en aurait-elle été différente ? Les mots auraient-ils été plus lourds, plus proches ?
Est-ce qu’un visage apporte aux phrases offertes, aux pages tournées une autre présence, une plus belle ou grande ou large envergure ?
Quelques pages d’une vie, de vie(s). Quelques mots pour des souvenirs, une histoire, une vie.

D’un père à son fils.
D’un fils pour son père.
Merci.

Vincent Flamand – D’aussi loin que je me souvienne, il s’est toujours levé tôt. – 10 € – Editions de l’aube.

mercredi 19 mai 2010

Ami, ami ?

Qui ne s'est jamais demandé comment ‘reconnaitre’ ses vrais amis ?
Qui a déjà compté, énuméré, secrètement, qui, lequel, laquelle ?
Non pas qu’il en existe des moins vrais que d’autres, non pas que certains en soient de faux, mais combien seront là le jour où ?….
Le jour où quoi d’ailleurs ? où on aura besoin d’eux pour pleurer au creux d’une épaule réconfortante ? où on voudra partager ensemble une année nouvelle, un moment de fête ou une bonne bouteille ?….
où juste être là, un jour comme un autre, pour partager un rien, une étincelle de vie ?
Encore une belle BD, 155 pages à déguster !
Léo a eu cette idée farfelue, mais géniale de simuler une panne de voiture à 3h du matin et d’appeler à l’aide plusieurs de ses amis. Quand le téléphone sonne, certains rechigneront à se lever, d’autres accourront, d’autres l’ignoreront.
De là, l’histoire d’une vie défile, l’histoire de vies mêlées, croisées, émaillées d’une amitié qui ne peut pas s’abimer tant elle est vraie et belle…même au prix de cette invitation.

Si votre téléphone sonne ce soir, tard, vous répondez ? !cid_029F51E371C9488BA442F90696578A8F@nom2cegvpjxfde

 

Par Jim et Mermoux. Vents d’Ouest. 17,99 €

jeudi 25 mars 2010

"incidents dérisoires, broutilles ordinaires, terribles futilités"...

Chacun ses failles, qu’on parle de petits riens, mon œil accroche et je retiens ma respiration.
Quand, en plus, on y rajoute Chabouté, je frôle l'apoplexie !…
Onze nouvelles, courtes, efficaces, à la limite du coup de poing.
Onze histoires, si proches, si possibles, tellement vraies qu’elles bousculent, qu’elles réveillent, qu’elles font mal aussi.

Christophe Chabouté, 12€, Editions Vents d'Ouest

Que cache le visage de cette femme derrière sa caisse du supermarché ?
Le piano, que personne n’écoute au fond de ce restaurant n’est-il qu’un meuble ?
Et l’homme qui balaie les trottoirs, où sont ses rêves ?
Que cherchent ces deux-là, en discutant derrière leurs écrans, cachés sous des pseudo ? que fuient-ils ?
Que va devenir l’enfant qui dérange, reconduite hors des frontières, reconduite ailleurs ?

Plus que des fables…
Plus qu’un goût amer…
De tout petits riens…
Il suffirait de si peu pour leur donner une onctuosité plus douce; plus tendre ; un regard suffirait, peut-être…

mardi 23 mars 2010

Debout...

“Il y a ce moment, cette décision intérieure chaque matin au lever, de laquelle, dépend tout le bonheur du jour, et ce moment, et cette décision consiste à ne point devancer Dieu, mais à le laisser, lui, prendre les devants. Car il ne faudrait point que nous commencions à vivre avant que Dieu ne vive en nous. Laissons-le nous prévenir ; laissons-le vivre avant nous ; laissons-le prendre en nous chaque matin les devants de la vie et donnons sans tarder préséance à sa pensée sur les nôtres. Alors, il fera beau, aujourd'hui, certainement.”

François Cassingena-Trévedy – Etincelles II
(en attendant que le tome III veuille bien arriver jusqu’à moi, bientôt…)

déc 2009

jeudi 7 janvier 2010

Tombé du panier...

Les deux opus précédemment publiés dans la même lignée ne sont plus dans ma bibliothèque. L’intérêt que leur lecture avait suscité font qu’ils se baladent chez les uns ou les autres, de maison en maison, plus ou moins loin. Pourvu d’ailleurs qu’ils rentrent un jour !…
Pour compléter la série et par curiosité aussi, je me suis plongée dans la dernière livraison, qui en tout logique, poursuit la trame du temps qui passe et relate en 126 pleines (et longues) pages la vie du Christ à partir du texte de Matthieu.
Ed. Delcourt, 19,90€ L’objectif est trop clairement affiché comme voulant envoyer le lecteur se (re)plonger par la suite dans les pages écrites d’une Bible tout en osant un Jésus tendance 2010…
Les messages sont vifs, volontairement transposables au monde actuel, un peu trop à mon goût. L’image du Christ tend à le rendre plus homme que Christ et on pourrait s’y perdre un peu.
Tout irait presque à peu près bien, sans les quelques approximations qui pourraient faire douter le lecteur en recherche d’une certaine vérité.
Pourquoi ce flou gênant à l’évocation des éventuels frères et sœurs de Jésus ?
Pourquoi ce sentiment étrange du Christ apparaissant symboliquement en ombre après la Résurrection ?
Les prochaines publications retraceront l’Exode et les Actes des Apôtres. Pas certaine de ‘mettre dans mon panier’ les épisodes à venir…

mardi 17 novembre 2009

Parfois, je vole...

Loin, très loin des bandes dessinées précédentes.
Larcenet m’a assommée de son nouvel opus.
Assommée par la corpulence lourde, pesante, dérangeante de Polza.
Assommée par une histoire noire, grave, un passé qui alourdit chaque pas, les épaules affaissées.
Assommée par le dessin, les traits ronds, sombres, puissants.
Assommée aussi par le récit étourdissant de ce bonhomme si lourd, cette grasse carcasse, secouée par un effet de souffle, le temps d’un instant fugace que seules quelques rares touches de couleur parviennent à décrire.
Il faut écouter le silence des planches en noir et blanc. Il faut entendre l’histoire à mots couverts. On ne sait pas grand chose, on se perd dans une forêt dense et sombre, on se crispe aux affres d’une douleur latente, on cherche sa respiration à vouloir emprunter les pas de l’homme qui fuit, et à effleurer la souffrance cachée, parfois, on vole...


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