C’est le sujet d’actualité récurrent s’il en est. La retraite, nos retraites. Partir avant, rester jusqu’à, travailler encore, trimer toujours. Poser mille et un calculs de points, de temps travaillé. Pour partir.

Sauf qu’ici, chaque année depuis trois ans, la retraite, on l’attend, on la prépare, on la susurre, on l’espère, comme un temps autrement et ailleurs. Une retraite une fois l’an. Chaque année différente, un aumônier par année !
Deux trimestres suffisent pour en bénéficier. Et on en parle dès le premier jour, dès le premier rendez-vous.
Ils arrivent encore petits au début de l”année, on les espère grandis à l’aube des grandes vacances.
Beaucoup viennent parce qu’il y a “la grande communion” en juin, personne n’est dupe. Alors il faut s’obliger à effacer le facteur obligatoire pour faire évoluer leur venue en instants festifs, en moments de silence, en minutes de partage.
Nulle part ailleurs, ils sont invités à se poser.
Nulle part ailleurs, ils sont encouragés à écouter l’autre dans un respect d’attention infinie.
Nulle part ailleurs, ils déposent leur téléphone, leur musique, leurs soucis, pour entrer dans un silence frais, apaisant ; juste rien, quelques petites secondes, mais quelles belles secondes.

Parce qu’au fil de l’année, au fil du temps partagé, ils écrivent un chemin, leur chemin de foi. Aux côtés des autres, sous le regard bienveillant du Dieu qui les appelle.

Les bacs de matériels sont pleins, les sacs de voyage bouclés, le programme réjouissant, les carnets de chants imprimés, les voix aiguisées.

Hop, vive la retraite ! C’est parti !