Des mois, des jours. Beaucoup. Trop peut-être.
J’ai laissé le temps doucement apaiser la douleur de l’absence, l’étourdissement du manque.
Les enfants ont grandi. On parle de lui. Souvent.
C’est fou comme la mort dévaste, abime, dégonde des portes, renvoie les plus petites évidences dans des tréfonds insoupçonnés, ouvrant des trappes que l’on avait pas vues.
On s’invente des adverbes pour ne rien écrire qu’on pourrait regretter, du définitif, ou du tranchant.
A bout de bras, on jette des encore et des pourtant.
Autour, certains ont pris une autre place, d’autres se sont effacés, sans prévenir, sans savoir, sans dire.
La vie, quoi.
En plus, en moins.
Un autre équilibre. Autrement. Pas loin.
Comme une promesse.
Avec des trous dans le papier.

DSC_0883