En début d’année, en entrant au collège, ils s’inscrivent, comme on s’inscrit au foot ou à la danse. Il faut rentrer l’heure de ‘caté’ dans l’emploi du temps, coute que coute, parce qu’en juin, il y a ‘la grande communion’.
Pour la majorité d’entre eux, ils viennent, souvent en trainant les pieds, pour conclure un parcours entamé en CE2. Conclure, parce que quelques-uns ne reviendront pas puisqu’ils “auront terminé leur caté”; ils garderont de l’Eglise une image d’enfant, quelques notions bibliques qu’ils oublieront vite et au mieux des bribes d’un souvenir du temps fort vécu ensemble. Ils se marieront peut-être à l’église dans quelques années, feront baptiser leurs enfants pour faire plaisir à la grand-mère. Et encore…
L’année dernière, j’ai appris à les connaître, à les approcher, en évitant les jugements trop hâtifs. L’aumônier était percutant, attachant et tous espéraient secrètement poursuivre l’aventure dans le même élan. La vie bouscule parfois les projets les plus évidents et les chemins ne sont pas forcément ceux qu’on prévoyait…et l’aumônier est parti.
Mais ils sont revenus, une classe de collège plus tard. Ils sont revenus chercher un je ne sais quoi d’un autrement, comme une pause évidente dans leur vie d’ado. Ils sont revenus s’asseoir sur les vieux canapés usés pour discuter. Ils sont revenus se chamailler autour du baby-foot. Ils sont revenus, sans trainer les pieds, d’eux-mêmes, à la surprise de leur famille parfois. Ils sont revenus et en réclament aujourd'hui encore plus.
Et les prières qu’ils déposent chaque mardi devant les bougies de la crypte me font croire qu’ils trouvent là la respiration nécessaire dans leur semaine bruyante, comme des petites traces d’un infime apaisement, quelques pas de leur chemin vers Dieu.