Encore un week-end à vous regarder, à vous écouter.
Il fallait juste être là, pour essayer de vous amener à poser votre regard autrement. Sur l’autre, sur le monde.
C’est toujours assez effrayant de voir combien vous êtes enfermés dans les apparences, comme un carcan trop bien ficelé, un non-dit ou un trop-dit dangereux.
Il faut être pareil. Se ressembler pour mieux s’approcher.
Même coiffure, mêmes chaussures. Même langage, mêmes mots. Sinon, t’es pas de mon clan.
Aucune place à la différence. Zéro marge d’ajustement.

Soixante collégiens, ensemble, c’est sportif. Histoires de filles, histoires perdues. Vies bancales, vies tordues. Du vrai, du rude, du monde, quoi. Ta petite vie bien tranquille, tes enfants bien dans leurs pompes, tu les embrasseras au retour. Là, tu peux juste te secouer pour partager un brin de ton enthousiasme et essayer de rendre ta joie un peu contagieuse.

Alors, on regarde. On s’arrête. On se pose. Avec eux.
Parce que le manque, il est bien là.
En creux de ces vies, il y a l’absence. De repères, de traces, d’histoire, de socle solide, d’ancres bien arrimées.
Pas question de compenser, juste partager.

Alors, on regarde. On s’arrête. On se pose. Avec eux.
Parce que leur vie, elle va déjà trop vite.
Ils oublient de rêver. Ils oublient le silence. Ils parlent, elles parlent, d’un flot incessant de mots. Des mots qui abiment, qui écrasent.
Pas question de juger, juste dire autrement.

Alors, il faut leur dire et leur redire combien la vie est belle, même si…
Que le temps est doux, même quand…
Que le bruit du silence est aussi apaisant que la caresse du vent.
Qu’il faut apprendre, qu’il faut grandir, pour mieux tenir debout.

Et que Dieu est là, pas si loin de vous, même aujourd’hui…