Samedi soir.
Une petite église perdue au milieu d’un village, allez, disons un bourg.
La mer pas très loin, au-delà les champs d’herbes jaunies par l’été.
Une petite église pas loin du cimetière où quelques-uns, proches, reposent depuis longtemps.
Une petite église et rien pour la rendre belle aux yeux des hommes, pas la moindre statue, pas le moindre vitrail pour arrêter l’œil, juste trop de couleurs, de “décorations”.
Les ‘habituels’ et quelques ‘passagers’ éparpillés sur les vieux bancs usés.
Elle est assise devant, à côté de l’ambon ; au mieux, elle a 16 ans. Son regard est ailleurs, fixé au loin. Ses doigts jouent sur le papier que ses mains accrochent.
Le célébrant entre. L’assemblée se lève. Les premières notes surgissent du vieil orgue.
Elle approche. Elle chante.
En un instant, sa voix a transpercé l’espace et le temps. Une voix rare, profonde, une tessiture si chaude, presque envoutante.
Sa voix a porté la prière des Hommes, bien au delà du lieu.
Chacun a laissé sa propre voix murmurer pour laisser la sienne vibrer doucement au creux du monde,
La Parole a trouvé toute l’ampleur qu’elle promettait.
Il a suffit de fermer les yeux et d’écouter.
Le temps s’est arrêté, pour une voix qu’elle offrait, si simplement.