Elle est arrivée à l’improviste. Seule. Les siens n’avaient sans doute pas osé la suivre. Trop timides. Ou attendant les résultats d’une première approche. Elle cherchait un peu de chaleur, un rien de confort. La porte était entrouverte. Elle a franchi le seuil. A peine a-t-elle marqué une seconde d’hésitation.
Ou était-ce la faim ?
C’était un jour de mai. Il faisait frais, encore. L’herbe n’avait pas eu le temps de sécher et les quelques pas dans le jardin rendaient encore d’étranges bruits marécageux à qui prêtait l’oreille.
Il était à peu près midi. Les premiers rentrés étaient déjà attablés. Affamés.
Discrète. Rapide. Grise.
Ce sont les termes qui resteront de son premier passage.
Parce qu’elle est revenue. L’endroit devait lui plaire. Elle avait pris le temps de se reposer quelques heures, au calme, l’aventure avait dû épuiser sa corpulence légère. Par discrétion, nous n’avons jamais su où. 
Peu importe, elle était à nouveau alerte. Et son heure tardive fut aussi la nôtre. Les pièces étaient plongées dans une presque pénombre, la nuit emplissait la maison. Elle n’a pas voulu nous déranger plus longuement et a disparu à nouveau, véloce.
Toujours discrète, toujours rapide, toujours grise.

l'idée est à breveter, non ?....Alors, pour faire plus ample connaissance (après tout, elle avait élu domicile chez nous, c’est quand même la moindre des choses que de se plier à de correctes présentations), un enclos collant a été installé pour qu’elle cesse de s’échapper furtivement, refusant les principes de base de bienséance.



En échange, un repas a été mis à sa disposition. Pas grand chose. De quoi lui montrer à notre tour une certaine bonne volonté.






Bien sûr, il aurait été possible d’entrer en communication avec elle de bien d’autres façons. Zabou n’a pas manqué de me soumettre quelques idées. Dont celle-ci : Reste plus qu’à trouver un maillet…