De la fenêtre de ma chambre, je passais des heures à observer les nuages. Assise sur le rebord, les pieds dans le vide, bravant les interdits, je me racontais leur vie éphémère qui défilait sous mes yeux tout doucement.
Un bateau, un animal, une lettre, un signe, une colonne vertébrale.

Le vent les animait, les désanimait. Délicatement, il en éparpillait des morceaux, qui s'étiraient d'abord, puis finissaient par disparaître. Comme effacés, gommés. Une trace d'avion venait perturber le fil de l'histoire, et d'un objet, j'en découvrais un autre. Et le bateau devenait sorcière. Et la soucoupe volante pays imaginaire.

Nuage épais, lourd et compact ou voile léger presque transparent.
D'un blanc laiteux. D'un gris menaçant.
Posé là, isolé. Ou superposé à d'autres, plus hauts.
Le rêve était doux, apaisant. Un voyage calme.
Les histoires étaient belles.
Et j'aime toujours regarder les nuages.