Ce soir, chacun observe le monde en changement. L'Histoire est en marche.
Et pendant qu'ailleurs, les espoirs n'attendent plus qu'à devenir réalité, ici, le quotidien va reprendre ses droits dès demain ; il va falloir doucement accepter de faire pencher le calendrier vers l'hiver.
L'aller comme le retour de l'école se feront désormais phares allumés ; la cheminée crépitera plus souvent ; il faudra courir sans s'énerver après le bonnet caché perdu ou la main droite du gant oublié dans la poche gauche du manteau resté accroché dans le couloir de la classe. 

Pourtant, avant même d'entamer ce prochain demi-trimestre, avant même d'avoir entendu le moindre grognement au réveil, avant même qu'un préavis n'ait été déposé, qu'aucune demande particulière n'ait été formulée oralement, au coucher ce soir, en entrant dans une des chambres, force est de constater que les revendications sont précises voire même un peu précoces...