Des Petits Riens Qui Disent Tant...

Au fil des jours, dans le plein d'un quotidien affable, écouter pour y trouver des pépites de vie, pour y entendre une Présence...

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Mot-clé - Aumônerie

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dimanche 9 février 2014

Piquant, salé, épicé, c'est comme vous voulez !...




 

Encore un week-end à vous regarder, à vous écouter.
Il fallait juste être là, pour essayer de vous amener à poser votre regard autrement. Sur l’autre, sur le monde.
C’est toujours assez effrayant de voir combien vous êtes enfermés dans les apparences, comme un carcan trop bien ficelé, un non-dit ou un trop-dit dangereux.
Il faut être pareil. Se ressembler pour mieux s’approcher.
Même coiffure, mêmes chaussures. Même langage, mêmes mots. Sinon, t’es pas de mon clan.
Aucune place à la différence. Zéro marge d’ajustement.

Soixante collégiens, ensemble, c’est sportif. Histoires de filles, histoires perdues. Vies bancales, vies tordues. Du vrai, du rude, du monde, quoi. Ta petite vie bien tranquille, tes enfants bien dans leurs pompes, tu les embrasseras au retour. Là, tu peux juste te secouer pour partager un brin de ton enthousiasme et essayer de rendre ta joie un peu contagieuse.

Alors, on regarde. On s’arrête. On se pose. Avec eux.
Parce que le manque, il est bien là.
En creux de ces vies, il y a l’absence. De repères, de traces, d’histoire, de socle solide, d’ancres bien arrimées.
Pas question de compenser, juste partager.

Alors, on regarde. On s’arrête. On se pose. Avec eux.
Parce que leur vie, elle va déjà trop vite.
Ils oublient de rêver. Ils oublient le silence. Ils parlent, elles parlent, d’un flot incessant de mots. Des mots qui abiment, qui écrasent.
Pas question de juger, juste dire autrement.

Alors, il faut leur dire et leur redire combien la vie est belle, même si…
Que le temps est doux, même quand…
Que le bruit du silence est aussi apaisant que la caresse du vent.
Qu’il faut apprendre, qu’il faut grandir, pour mieux tenir debout.

Et que Dieu est là, pas si loin de vous, même aujourd’hui…

 

 






lundi 17 décembre 2012

Et toi, comment tu parles à Dieu ?...





Dis, Dieu, tu les regardes, quand ils s’assoient devant Toi ? Quand ils font l’effort de se poser, pour Toi ? Tu les entends, au rythme de leurs mots, quand la bougie éclaire doucement leurs visages ?

Les plus jeunes s’arrêtent au prénom chuchoté qu’ils te confient. Ils n’osent pas, encore.
Les plus grands s’accrochent à Toi dans la turbulence de leur vie, ils osent, souvent.
Je me demande toujours ce qu’ils pourraient te dire, en face : Leurs colères, silencieuse ? Leurs révoltes, souterraines ? Leurs mercis, étouffés. 
Ils Te parlent souvent, comme on lance une bouée à la mer. Leurs mots vacillent souvent, quand ils se disent, dans la violence de leur vie.
Ils ont 12, 15 ou 18 ans ; le poids de leur quotidien leur en donnerait tellement plus.

Je suis là, à côté d’eux. Et je les regarde. Je ne peux m’empêcher de joindre en silence mes mots aux leurs. C’est à Toi qu’ils s’adressent. Ils apprennent à Te parler, comme j’apprends à les encourager.

C’est au fil des années que j’ai compris. La foi qui est la leur ne s’accroche pas à leur vie dans une évidence limpide. Le lien est trop ténu. En s’appliquant à mettre en prière ce qui remplit leurs heures, ils comprennent dans le balancement de leur vie, que Dieu est là, au milieu de leurs dérives, au cœur de la complexité de leurs relations, au plein de leur temps.

Et je veux croire que le dialogue se tisse, à mots feutrés.

 





mercredi 9 mai 2012

La retraite à 12 ans...


ça devrait être obligatoire, la retraite à douze ans, pour tous
il suffirait de bien choisir le lieu, peu importe la saison

 

.

 

parce que, de toute façon, la lumière y sera toujours plus belle que la veille.

 


L’église du village juste à côté ouvrirait sa lourde porte rien que pour nous.

 

 

 

pour y faire entrer un souffle de frais, une bourrasque d’enthousiasme

 

 

les gens du village y verraient soixante jeunes
éblouis de souvenirs
de silence et de bruit
de jeux et de chants
de prière et de partage
éblouis par Dieu…

 


ça devrait être obligatoire, pour ne pas passer à côté de l’Essentiel…




mercredi 21 mars 2012

Mission...



 

Comme moi, ça leur arrive de rire. Comme moi, ça leur arrive aussi de pleurer. Comme tout le monde d’ailleurs.
Parce que le quotidien des jours qui passent n’est pas toujours celui qu’on espère, ou parce que l’imprévu d’une heure vide se remplit d’une inattendue rencontre.

Depuis mon lancement en mission – oui, je vous assure, je viens de signer à nouveau et ça fait un peu cet effet-là, comme un truc de dingue qui vous propulse dans un monde tout aussi improbable, inconnu, déconcertant, fatigant, mystérieux, surprenant, détonnant, attachant, délirant, percutant, attendrissant, bref, à la rencontre des collégiens et des lycéens ! – depuis donc, je les regarde, je marche à côté, un pas en avant, trois pas en arrière – ou l’inverse -  je les écoute, je les entends aussi !
Et je les photographie. Forcément.. 
Attraper un regard, un sourire, une joie, un soupçon de larme, une peur, une inquiétude, c’est comme un contrechant à ce qu’ils voudraient tant laisser paraitre, en nous laissant deviner ce qu’ils sont, qui ils sont, ce qu’ils espèrent, ce qu’ils vivent.
Chacun a son histoire, plus ou moins sinueuse, plus ou moins facile. Certains subissent, d’autres agissent. Certains parlent trop, d’autres se taisent trop. Certains bavardent avec Dieu, d’autres le cherchent encore.

La mission confiée me donne cette chance d’être là, au croisement de nos vies. Je suis l’adulte, ils le sont presque, en devenir. Rien n’est écrit, ni pour eux ni pour moi. Ils tombent, moi aussi. Mais on se relève.

Et quand les radios, les journaux, les réseaux en disent trop, quand les cours de récré débordent de rivalités, de sarcasmes, de violences, d’apparences, alors, on prend le temps, on s’écoute, on se parle, on se regarde, on s’interroge. Ensemble. Comme une pause la plus apaisante possible.

A relire nos rencontres, l’essentiel est alors d’être présence, avec une attention de chaque instant, aux moindres signes, invisibles, indicibles, inaudibles.

Et ne rien attendre. Surtout ne rien attendre.
Accepter de se laisser surprendre à chaque instant.
Par ce qu’ils sont, par ce qu’ils deviennent.
Par ce que Dieu dessine pour eux.

 









dimanche 19 juin 2011

Tourner une page, pour en écrire une nouvelle...



Ce sont plusieurs pages de vies qui se sont ouvertes. Plusieurs et aucune qui ne se ferme vraiment.
Un peu comme cette fin d’année. Rapide, intense, pleine et débordante.
Un peu aussi comme ces jeunes qui croisent ma route depuis une petite trinité d’année ! Vivants, assourdissants, étonnants, grandissants.
En trois ans, ils ont avancé autant que j’ai vieilli. Ils ont appris autant que j’ai découvert. Ils ont grandi autant que j’ai grandi.

Je ne sais pas ce que voient les parents de ce que devient leur enfant. Que remarquent-ils ? Imaginent-ils leurs questions, leurs doutes ? Connaissent-ils leur(s) histoire(s), leurs délires, leurs folies ? Entendent-ils leurs mots silencieux ? Regardent-ils leurs yeux rieurs ?

Je voudrais leur dire combien ils sont là, même quand les portes claquent.
Je voudrais leur dire combien ils sont vivants, même quand les mots semblent morts.
Je voudrais leur dire combien ils sont aimables, même quand ils font la gueule.
Je voudrais leur dire ce que Dieu leur murmure, même quand personne ne L’entend.

Vendredi, ils sont venus, tous. Dernières rencontres, dernière soirée.
Avant de s’éloigner pour un été, ils ont accroché leurs yeux et leurs mains à la bougie,.
Et leurs prières étaient les plus belles quand, du fond de leurs tripes, ils ont chuchoté des mots si doux à Dieu, qui, Lui, n’a pu que les entendre…




jeudi 27 janvier 2011

La lampe sur le lampadaire...



 
Il y a des matins qui s’ouvrent autrement, quand à la lecture d’un Evangile, le commentaire donne soudain une dense épaisseur aux heures à venir à l’Aumônerie…



La ferveur des plus grands prédicateurs et évangélisateurs dont la vie a été donnée à l'apostolat inspire notre appel à évangéliser aujourd'hui... Ils ont su dépasser bien des obstacles à l'évangélisation ; notre époque connaît également de nombreux obstacles parmi lesquels nous nous contenterons de mentionner le manque de ferveur. Il est d'autant plus grave qu'il vient du dedans ; il se manifeste dans la fatigue et le désenchantement, la routine et le désintérêt, et surtout le manque de joie et d'espérance. Nous exhortons donc tous ceux qui ont à quelque titre et à quelque échelon la tâche d'évangéliser à alimenter en eux la ferveur de l'esprit...

Gardons la ferveur de l'esprit. Gardons la douce et réconfortante joie d'évangéliser, même lorsque c'est dans les larmes qu'il faut semer (Ps 125,5). Que ce soit pour nous –- comme pour Jean Baptiste, pour Pierre et Paul, pour les autres apôtres, pour une multitude d'évangélisateurs admirables tout au long de l'histoire de l'Église –- un élan intérieur que personne ni rien ne saurait éteindre. Que ce soit la grande joie de nos vies données. Et que le monde de notre temps qui cherche, tantôt dans l'angoisse, tantôt dans l'espérance, puisse recevoir la Bonne Nouvelle, non d'évangélisateurs tristes et découragés, impatients ou anxieux, mais de ministres de l'Évangile dont la vie rayonne de ferveur, qui ont les premiers reçus en eux la joie du Christ, et qui acceptent de jouer leur vie pour que le Royaume soit annoncé et l'Église implantée au cœur du monde.


Paul VI, pape de 1963-1978
Exhortation apostolique « Evangelii nuntiandi » § 80 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)




lundi 17 janvier 2011

Compta rebours...


Allez, on va dire 1500 collégiens et lycéens dans la ville.
Et pour que l’opération soit moins douloureuse, on évitera les pourcentages pour ne retenir qu’un nombre à deux chiffres, réunissant tous ceux qui passent chaque semaine le seuil de l’Aumônerie.
C’est peu, c’est faible et c’est frustrant.
C’est aussi beaucoup et enthousiasmant et d’autant plus, quand ils reviennent et repartent, heureux d’être venus.
Se contenter de ce qui se vit et se partage ?
Attendre que les temps changent et que changent les gens ?
Se lamenter en une vieille rengaine usante, maugréant à qui veut l’entendre que tout se perd, même la foi, encore plus la jeunesse ?

Attention au fond, j'en vois qui sourient, qui aimeraient dire n'importe quoi ! qu'on ne s'y méprenne pas, ceci est un sac plastique rempli d'eau  et percé !

Non, non et re-non ! 
Refuser de se plier à l’ambiance noueuse du moment. 
Refuser encore plus de se résigner.
Il faut nous habiller hiver comme été, printemps comme automne, chaudement, humblement de cette tenue de combat, si belle quand il s’agit de vivre de ce que l’on croit.
Celle du serviteur inutile. Les jarres sont pleines, à ras-bord. Et le vin n’en sera que meilleur.
Alors, trinquons, à l’eau, les coupes sont débordantes !



jeudi 25 novembre 2010

De la créativité des jeunes dans leur lecture de la Bible...

Nan, mais tu n'espérais pas un indice quand même ! 

Alors, quel passage biblique ?

vendredi 29 octobre 2010

J(e)us de chaussettes...

Ou comment rendre bien "odorant" un week-en d'aumônerie !...

Claire dirait que la foi, ça commence par les pieds…
Alors autant coloriser, rayuriser, illuminer ce grâce à quoi on avance, non ?

jeudi 3 décembre 2009

Ils sont revenus...

En début d’année, en entrant au collège, ils s’inscrivent, comme on s’inscrit au foot ou à la danse. Il faut rentrer l’heure de ‘caté’ dans l’emploi du temps, coute que coute, parce qu’en juin, il y a ‘la grande communion’.
Pour la majorité d’entre eux, ils viennent, souvent en trainant les pieds, pour conclure un parcours entamé en CE2. Conclure, parce que quelques-uns ne reviendront pas puisqu’ils “auront terminé leur caté”; ils garderont de l’Eglise une image d’enfant, quelques notions bibliques qu’ils oublieront vite et au mieux des bribes d’un souvenir du temps fort vécu ensemble. Ils se marieront peut-être à l’église dans quelques années, feront baptiser leurs enfants pour faire plaisir à la grand-mère. Et encore…
L’année dernière, j’ai appris à les connaître, à les approcher, en évitant les jugements trop hâtifs. L’aumônier était percutant, attachant et tous espéraient secrètement poursuivre l’aventure dans le même élan. La vie bouscule parfois les projets les plus évidents et les chemins ne sont pas forcément ceux qu’on prévoyait…et l’aumônier est parti.
Mais ils sont revenus, une classe de collège plus tard. Ils sont revenus chercher un je ne sais quoi d’un autrement, comme une pause évidente dans leur vie d’ado. Ils sont revenus s’asseoir sur les vieux canapés usés pour discuter. Ils sont revenus se chamailler autour du baby-foot. Ils sont revenus, sans trainer les pieds, d’eux-mêmes, à la surprise de leur famille parfois. Ils sont revenus et en réclament aujourd'hui encore plus.
Et les prières qu’ils déposent chaque mardi devant les bougies de la crypte me font croire qu’ils trouvent là la respiration nécessaire dans leur semaine bruyante, comme des petites traces d’un infime apaisement, quelques pas de leur chemin vers Dieu.

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